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Des poèmes, beaucoup, des chansons, pas trop, des textes, encore moins, mais tout cela écrit de ma main...

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Chroniques de la savane

Un petit texte, venu de je ne sais où, une idée qui passe en voyant 2 lions allongés côte à côte, certainement dans un documentaire animalier... et de quoi pourraient-ils bien parler ?

Alors voilà "Chroniques de la jungle"... avec un s à chroniques, certainement une idée d'en écrire d'autres, il faut juste que je croise l'idée...

   

   La savane, soleil couchant, baignant les herbes séchées de cette teinte  rouge unique. Chaleur qui lentement diminue, après une écrasante journée... Au loin dans le village  des hommes, on entend le tam-tam, régulier, et les chants, envoûtants... Ils vont encore danser une partie de la nuit, célébrant on ne sait quelle fête, mariage, naissance, moisson, passage à l'âge adulte... Cela importait peu.


Allongés sous un arbre au feuillage diffus, 2 lions, des grands mâles...
- tu as prévu quelque chose toi, ce soir ?
- oui, je vais certainement aller chasser avec les femelles, histoire de montrer de que le roi est toujours vivant...
- chasser... quel courage
- oui, enfin façon de parler... en fait, je me mets sur un endroit surélevé d'où elles pourront me voir, j'attends qu'elles rabattent une ou deux gazelles et quand la table est mise, je débarque. Ca les impressionne toujours, et même ça les motive, elles veulent toutes briller devant moi, ça leur met le moral au beau fixe... après, je sais qu'il y en a deux en chaleur en ce moment, alors je pense que je vais aller perpétuer l'espèce...
Clin d'oeil à son compagnon, mais celui-ci ne semble même pas relever la remarque égrillarde
- tu m'as l'air tout chose toi en ce moment, tu as des problèmes avec tes femelles ?


Au loin dans le village en fête, le rythme change... le lion songeur s'imagine les couples de jeunes villageois, quittant discrètement la fête pour se retrouver dans les herbes hautes… tous l’ont fait au moins une fois, et quand les parents voient les enfants disparaître au cœur de la fête, ils ne s’inquiètent pas trop et sourient en pensant au passé plutôt que de s’inquiéter en pensant aux lions… lui se souvenait d’un soir, quand il était jeune lionceau et qu’il s’entraînait à la chasse en coursant les rongeurs dans les champs. Il avait là surpris un couple et, tapi dans les herbes hautes, avait assisté à leur accouplement : étrange espèce qui s’accouple en face à face, les yeux dans les yeux. Comment font les mâles pour mordre la nuque de leur partenaire ? Comment ressentent-ils les frémissement qui parcourent leur échine dorsales… beaucoup de questions restées sans réponse...


- tu connais la guéparde qui sévit du côté des rocs roux ?
- oui, bien sûr, comment ne pas l’avoir remarquée. Quelle croupe et quelles cuisses : dommage qu’elle court aussi vite, sinon je lui aurai bien filé le train…
- et bien parfois, elle s’arrête de courir. Lors de ses dernières chaleurs, son mâle n’était pas d’attaque : il avait consommé de la viande pas très fraîche, dont même les hyènes ne voulaient plus/ Mais il crevait la dalle et avait la flemme de courser un antilope toute fraîche. Résultat, hors service pour la date fatidique et la pauvre guéparde feulait de peine, la croupe en l’air, sous l’arbre brûlé. Je ne sais pas ce qui m’a pris, je passais par là et j’ai pas pu résister, malgré le danger… Je me suis approché lentement, elle grognait doucement en me regardant du coin de l’œil, l’arrière-train toujours dressé. Moi j’étais complètement fou, attiré par ses odeurs exotiques. Alors je l’ai couverte, et elle s’est laissée faire, sans rien dire… ou plutôt si, elle a eu l’air d’apprécier : la savane doit s’en souvenir.
- Graouuu, et moi qui te prenait pour le plus droit des lions…
- Oui, ce n’était qu’un petit écart, mais ya un problème…
- Un problème ? Nan, tu l’as engrossée… Génial ça, et comment va s’appeler cette nouvelle race… un guéparon, un lipard…
- Te fatigues pas à chercher, de toute façon, même si la mère arrive à terme, il sera stérile : tu te souviens du tigron qui n’a jamais pu avoir de descendant, et pourtant c’est pas faute d’avoir essayé…
- Ah oui, quel coureur celui-là, mais c’est vrai qu’il a pas eu de résultat, dommage… Mais surtout, j’imagine la tête du guépard quand elle va accoucher : il va être furieux
- Oui, et c’est là mon plus gros problème… tu as déjà remarqué ma tâche colorée sur la crinière, en zig zag : ça me vient de mon père, il avait la même, et si mon descendant l’a aussi…
- Mouais, vaudrait mieux que tu ne traînes pas dans le coin à cette époque


Au loin dans le village des hommes, la cadence des tam-tams et des mélopées lancinantes s’était encore accélérée, les couples cachés dans les herbes devaient arriver à l’extase, portés par ce rythme envoûtant…


Le premier lion partit tenir son rôle de roi, surveillant la chasse et attendant que le repas lui soit servi par ses femelles.


Le lion songeur restait là, la tête posée sur ses pattes croisées. Il pensait à l’exil, aux terres inconnues qu’il allait devoir rejoindre. Il pensait surtout à la guéparde, qu’il ne reverrait certainement jamais.


Là haut, la lune baignait la savane d’un lueur blafarde… les villageois étaient maintenant couchés, la chasse de fauves allait commencer…

 

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